Archives de catégorie : Volume 9

Lourdeur de la tâche en Soins infirmiers : mythe ou réalité ?

Demandes récurrentes

Il y a longtemps que les enseignantes de Soins infirmiers dénoncent la surcharge de travail et l’insuffisance des ressources à l’égard de l’enseignement donné dans ce programme. Dès les années 90, lors d’assemblées syndicales, ces enseignantes se plaignaient que la CI mesurait mal la réalité de leur travail. Au fil des négociations, des demandes récurrentes ont été faites pour alléger leur tâche. Cela s’est toujours traduit par des demandes d’allocations spécifiques pour le programme, ce qui améliorait temporairement la situation, le temps d’une convention collective. Mais la question demeurait entière : comment réellement reconnaitre la complexité et la lourdeur des stages cliniques dans la tâche d’une enseignante de soins infirmiers ? Continuer la lecture de Lourdeur de la tâche en Soins infirmiers : mythe ou réalité ?

Une journée de stage en pédiatrie

J’ai six élèves à encadrer dans mon groupe de stage. Quelle chance ! Je peux en avoir jusqu’à sept, mais un de moins me permet de respirer. Deux élèves sont nées au Québec. Trois sont des immigrants au Québec depuis environ 10 ans ; informaticien, gestionnaire et comptable, ils font une réorientation de carrière. Une étudiante est une immigrante récente, au Québec depuis 1 an seulement. Quatre de mes élèves sont parents. Deux élèves ont arrêté les soins pour une session après la deuxième session et font un retour au programme. J’enseigne à la session trois du programme.
Nos clients sont âgés de 10 jours à trois ans. Les problèmes de santé sont variés : deux souffrent d’une bronchiolite, 2 enfants font des pneumonies, un a un problème de convulsions et un autre a un diagnostic d’abcès rétro-pharyngien. Trois étudiantes ont la responsabilité de perfusions intraveineuses et des médicaments intraveineux à administrer. Tous doivent recueillir les signes vitaux aux quatre heures, les données sur le poids des enfants et faire d’autres tâches simples. La tâche globale est bien équilibrée, selon mon expérience d’enseignante, pour une première journée sur l’unité. Continuer la lecture de Une journée de stage en pédiatrie

Menace sur le DEC en Soins infirmiers

Les 24 et 25 octobre derniers, plus de 1 600 infirmières et infirmiers de même que 1 400 étudiants se réunissaient au Palais des congrès de Montréal à l’occasion du congrès annuel de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). L’événement était précédé par l’AG où 925 délégués provenant de 12 Ordres régionaux de l’OIIQ ont adopté, à la majorité, une proposition de la Table sectorielle nationale des Réseaux universitaires en santé (RUIS). Cette proposition veut que l’OIIQ fasse les représentations requises auprès du gouvernement du Québec afin que le droit de pratique ne s’obtienne qu’à la fin de la formation universitaire (initiale ou DEC-BAC). Il n’y a eu que 925 des 71 399 membres inscrits au tableau de l’OIIQ qui se sont prononcés sur cette proposition ! Qui plus est, le vote sur cette proposition a été pris après seulement 15 minutes de période de questions au cours de laquelle toute tentative d’affirmer que le DEC en soins infirmiers répond au besoin de santé de la population a été rapidement rabroué par la présidente de l’OIIQ. Pas de place à la dissidence. Tout était bien orchestré. Si bien qu’aucune des quatre autres propositions n’a été discutée ni même présentée. Continuer la lecture de Menace sur le DEC en Soins infirmiers

Un printemps québécois : les étudiants portent l’étendard du bien commun

Les jeunes Québécois se sont mobilisés pour la défense collective d’un héritage issu du pacte social québécois : l’équité dans la distribution des richesses et la transmission des acquis sociaux entre les générations. La FNEEQ et la CSN ont largement appuyé leur lutte, qui est aussi la nôtre.

Une mobilisation exemplaire !

Les manifestations urbaines se sont multipliées dans les rues, tout au long des mois de mars et d’avril, mobilisant des masses populaires dépassant tout ce qu’on a vu depuis longtemps. De nombreuses citoyennes et citoyens de tous âges et de toutes allégeances s’y sont joints, et plusieurs ont signalé leur sympathie à la cause commune. Il ne faudrait pas croire que cette lutte, comme certains ont voulu la réduire, était l’expression de l’égoïsme d’une génération immature, celle qui refuse d’assumer sa « juste part » des coûts toujours croissants de la formation. La jeunesse fait face à un déni de démocratie de représentation, tout en vivant une expérience concrète d’éducation à la participation politique. Elle a appris que l’exercice cynique et méprisant du pouvoir doit être dénoncé. Avec la hausse des frais de scolarité, le gouvernement du Québec a choisi les étudiants comme première cible dans sa stratégie pour transformer le rôle de l’État. Il savait que les jeunes n’avaient pas en leur faveur la protection des lois du travail ni d’autres lois protégeant les moins nantis. La plupart de ces jeunes ne paient pas d’impôt, travaillent au salaire minimum et n’ont pas droit à l’aide sociale. Les voilà boucs émissaires d’un gouvernement autoritaire qui recherche la division sociale et impose aux plus pauvres des tarifications élevées et des augmentations de taxes, des mesures nettement régressives. Les jeunes répondent très justement : la grève est étudiante, la lutte est populaire. Leur victoire sera celle de tous. Continuer la lecture de Un printemps québécois : les étudiants portent l’étendard du bien commun

Les injonctions-bâillons : vers une magistrocratie ?

Non seulement l’actuelle grève étudiante est sans précédent au vu de l’étendue de la mobilisation qu’elle suscite et du mépris des élites politiques qu’elle révèle, mais elle l’est également en raison de la judiciarisation inédite du conflit à laquelle nous assistons ces dernières semaines.

D’abord, diverses institutions d’enseignement se sont tournées vers les tribunaux pour contraindre les étudiants à revenir en classe et limiter les activités de protestation autour de leur établissement. Ensuite, dans plus d’une dizaine de cégeps et d’universités, des étudiants ont contourné les mécanismes démocratiques prévus par leur association étudiante en obtenant gain de cause en justice, après avoir formulé leurs revendications politiques contre la grève en termes de droits individuels. Étudiants, chargés de cours et professeurs devraient maintenant se conformer à ces injonctions sous peine d’outrage au tribunal et d’amendes pouvant atteindre jusqu’à 5000 $ ! Les directions d’établissement, pour leur part, sont sommées de prendre tous les moyens nécessaires pour assurer la reprise des cours, y compris le recours aux policiers, a estimé le juge Pierre Dallaire, entraînant la violence que l’on a connue à l’Université du Québec en Outaouais.

Continuer la lecture de Les injonctions-bâillons : vers une magistrocratie ?