Chronique 52 – Comité école et société – Avril 2013
Au Forum social mondial, qui s’est tenu à Tunis du 26 au 30 mars dernier, la FNEEQ était représentée par un groupe de 29 personnes. Cette délégation dynamique et enthousiaste a pu profiter d’un événement particulièrement réussi : 62 000 participantes et participants s’y étaient rassemblés, alors que l’on pouvait compter sur la présence de plus de 4 500 organisations en provenance de 128 pays. Pas moins de 1 100 ateliers étaient présentés. Le forum a été encadré de deux grandes manifestations, la seconde visant à soutenir la lutte des Palestiniens.
La situation politique en Tunisie a soulevé beaucoup d’intérêt chez nos membres présents au FSM. Pionnier du fameux printemps arabe, ce pays se trouve devant des choix difficiles, entre l’islamisation, la poursuite de politiques néolibérales et l’ouverture à un projet politique laïc et de gauche, qui cherche entre autres à s’en prendre aux inégalités et aux contraintes imposées par le remboursement de la dette — une dette en grande partie odieuse et illégitime (c’est-à-dire contractée par la dictature pour ses propres intérêts, qui allaient à l’encontre de ceux de peuple tunisien.) La condition des femmes, qui vivent de façon exacerbée les déchirements de ce pays en transition, a soulevé une grande attention. Les divisions au sein de la gauche restent grandes et il faut souhaiter que le forum ait pu contribuer à stimuler davantage l’organisation d’un mouvement social qui avait auparavant été réprimé avec dureté pendant la dictature.
Un forum social est aussi une occasion de faire le point sur la situation mondiale et sur l’état des résistances face à la mondialisation néolibérale, et celui de Tunis aura aussi permis de consolider des solidarités internationales. Les Québécois, et plus particulièrement la délégation de la FNEEQ, y ont expliqué le printemps érable, qui nous situait dans une continuité de résistances des dernières années, des « indignés », au mouvement « Occupons », à d’autres modèles qui se développent actuellement. Ces mouvements d’opposition paraissaient d’autant plus nécessaires que les mesures d’austérité produisent les mêmes ravages dans de nombreux pays et que le néolibéralisme se renforce des crises qui se succèdent.
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